16 février 2011

Le cygne noir

Samedi dernier, je suis allée voir ça

Black_Swan

 

Je ne vous cacherai pas que j’y allais avec enthousiasme et appréhension. C’est au réalisateur, Darren Aronofsky, que l’on doit le magnifique et terrifiant Requiem for a dream il y a dix ans. J’étais allée le voir sur grand écran, dans le ciné d’art et d’essai de ma ville, et le copain qui avait voulu m’accompagner s’était penché vers moi dix minutes avant la fin du film en murmurant : « Je t’attends dehors ! »… La chochotte que je croyais être a finalement avalé les dernières minutes infernales. J’étais envoûtée par la musique entêtante et répétitive de Clint Mansell. Le copain, lui, n’a pas attendu d’assister à l’amputation du héros, il en avait assez vu comme ça…

Et voici que cette année arrive le film annoncé comme le digne successeur de Requiem… La mention des nominations aux Oscars, aux Golden Globes accompagne le beau visage photoshopé de Natalie Portman sur l’affiche. C’est une histoire de danseuse, or je danse en amateur depuis longtemps et j’ai un immense respect pour les danseurs professionnels. À mon modeste niveau, je sais ce que c’est d’avoir les pieds qui saignent après une bonne séance de pointes. Or la souffrance du corps est présentée dans la bande annonce comme l’un des sujets majeurs du film. Comme dans The Wrestler en un sens, film dans lequel Aronofsky a fait tourner le très abîmé Mickey Rourke. En réalité, c’est la souffrance mentale qui est la star du film, puisque Nina, la danseuse étoile incarnée par Natalie Portman, est schizophrène. Et on le comprend très tôt dans le film. Quelques scènes ont l’air de n’avoir été tournées pratiquement que pour dire au spectateur « Attention, cette fille ne va pas bien ». On peut trouver que cela manque de finesse, mais c’est aussi l’occasion d’introduire des effets spéciaux plutôt réussis.

L’histoire : Nina est une danseuse new-yorkaise à qui son professeur, le Frenchie Thomas Leroy, confie non sans avoir beaucoup hésité, le rôle de la reine des cygnes dans le très prestigieux Lac des Cygnes. Il la voit bien en cygne blanc, beaucoup moins en cygne noir. Elle n’est pas assez méchante, pas assez sexuelle pour ça. Il lui pose des questions très intimes, lui donne du travail à la maison, très intime aussi… Or Nina est une adulte qui vit dans une chambre de gamine rose bonbon, avec une mère seule, ancienne danseuse ratée. Je ne pensais pas qu’une telle chambre, remplie de peluches surdimensionnées, pouvait être aussi flippante. Quelqu’un comme Kubrick aurait pu avoir ce genre d’idée, filmer de façon angoissante un lieu inoffensif. Parfois Black Swan fait penser à The Shining… Le malaise et l’horreur peuvent surgir brutalement.

Nina a une amie, Lily, qu’elle voit comme une rivale, parce que Lily a cette sensualité qui lui fait tant défaut. Nina contemple avec inquiétude son dos griffé, marqué, et commence à avoir des envies de violence incontrôlables… Je n’en dis pas plus pour celles qui n’ont pas encore vu le film et seraient tentées…

Le film ne manque pas de qualités à mes yeux, mais il n’a pas la force de Requiem. C’est aussi un cauchemar, un très beau cauchemar même, mais qu’on peut percevoir comme un peu ridicule par moments sur la fin (était-il bien nécessaire de tordre les jambes de Nina pour les faire ressembler à des pattes de cygne ?). Sa grande force, ce sont ses interprètes, à qui on ne peut pas reprocher grand-chose : Natalie Portman y a trouvé le rôle de sa vie (elle en rêvait depuis dix ans, ai-je lu, et je ne suis pas étonnée) et Vincent Cassel joue parfaitement le professeur de danse vénéneux et exigeant, avec un accent anglais très correct, ce qui ne gâche rien (j’ai vu le film en VO, ô joie). Rappelons que Vincent est le fils de feu Jean-Pierre, excellent danseur lui-même…

Posté par bookine à 17:13 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Le cygne noir

    Merci, j'attendais ta critique! Je suis d'accord! Pour moi c'est autant un film sur la schizophrénie. Je n'ai pas aimé les jambes cassées mais j'ai beaucoup apprécié les grandes ailes de cygne noir!
    Je viens de faire le cake au Carambar! Je vais en parler en faisant un lien, si tu veux bien!
    Bisous

    Posté par Lin, pain d'épic, 16 février 2011 à 17:23 | | Répondre
  • mais, euh ! je veux que tu me racontes la fin, moi !!!!! Tu le sais que je ne peux pas aller voir ce genre de films, s'il te plaîîîîîttttt.....

    Posté par lagamine, 16 février 2011 à 19:13 | | Répondre
  • Ma fille et moi sommes folles du cake au Carambar mais pas les garçons (mari et fils). Serait-ce un gâteau pour filles?... je t'entends déjà penser "conclusion hâtive"...
    Bisous

    Posté par Lin, pain d'épic, 19 février 2011 à 07:20 | | Répondre
  • J'ai été happée, je le reconnais

    Posté par Lisa, 08 mars 2011 à 12:59 | | Répondre
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